Le Queyras en positif

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Archive pour mai, 2014

Produire ensemble les énergies renouvelables dans le Queyras, c’est possible !

Résidents des communes du Queyras de Guillestre et d’Eygliers…

- Vous êtes intéressés par les énergies renouvelables ?
- Vous pensez avoir un toit qui pourrait accueillir des panneaux solaires ?
- Vous avez des économies que vous pourriez investir dans des énergies locales ?
- Vous souhaitez vous impliquer dans un projet collectif ?

Le Parc du Queyras vous donne rendez-vous

- le mercredi 4 juin à 20h00 à Château Ville-Vieille (maison de l’artisanat) pour le groupe  »bureau »
Quel type de société, son fonctionnement, que veut on mettre dans les statuts, proposition d’une plaquette de communication…

- le vendredi 6 juin à 20h00 à Arvieux (maison du Parc) pour le groupe « terrain »
Information sur le solaire photovoltaïque, contraintes, opportunités, comment choisir les bons toits, outils et méthodes, proposition d’une plaquette de communication…

Venez à l’une, venez à l’autre ou venez aux deux… mais venez construire l’avenir des énergies renouvelables dans le Queyras !

En bonus un petit film sur les éoliennes citoyennes en Bretagne. C’est comme ce qu’on veut faire, mais en plus gros !!   http://vimeo.com/92315186
Produire ensemble les énergies renouvelables, c’est possible !

*Les centrales villageoises sont des installations solaires ou hydroélectriques de production d’électricité renouvelable, décidées et développées par les citoyens et les collectivités et dans lesquelles ils peuvent investir financièrement.

Voir aussi ici

Le programme du festival (international) de Montbardon du 12 au 15 juin dans le Queyras

Le programme du festival (international) de Montbardon du 12 au 15 juin dans le Queyras dans Vie locale

FESTIVAL 2014 LE PROGRAMME

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UNE ANNEE INTERNATIONALE, 30 AMERICAINS DANS LES HAUTES ALPES

JEUDI 12 JUIN, OUVERTURE A MONTBARDON……JAZZ A LA GRANGE

A PARTIR DE 19h 

SOIRÉE BORIS VIAN AVEC ERIC LUTER, DANIEL HUCK, PHILIPPE MARTEL, VALENTIN MARTEL.

MENU MACARONIS DE CHALETS,

UN REGAL POUR NOS OREILLES ET NOS PAPILLES

ATTENTION POUR CETTE SOIREE, NOMBRE DE PLACES LIMITEES PENSEZ A RESERVER

VENDREDI 13 JUIN, A FORT QUEYRAS….A PARTIR DE 21H C’EST LA SOIRÉE DES FILLES, 

LADIES’NIGHT

17h ACCUEIL PAR NKU FORMATION

18h OUVERTURE OFFICIEL PAR GRAND ORCHESTRE VOCAL NKU

19h ORCHESTRE MIX, AMERICAINS et BIG BAND DU CONSERVATOIRE DE GAP

20h PAUSE REPAS

21h AURELIE ET DEBORAH TROPEZ QUARTET

22h Venant d’Australie pour la première fois 

INGRID JAMES et KRISTIN MARION

SAMEDI 14 JUIN FORT QUEYRAS, CE SERA LE TOUR DES GARÇONS

A PARTIR DE 11h DE LA MUSIQUE, DES ANIMATIONS, ATELIERS DE FABRICATION DE FROMAGES, DES AMERICAINS MUSICIENS PARTOUT

18h : TCHAVE GENZA, à découvrir, groupe 04/05

20h30 BLUES AVEC IAN BAREFOOT, australien lui aussi (CHANTEUR DU GROUPE MOUTAIN’S MEN)

22h VOYAGER’S QUARTET AVEC WILLIAM BRIAN HOGG, JOHN ZAPPA, PHILIPPE RENAUD, PHILIPPE MARTEL, WILLY WALSH.

DIMANCHE 15 JUIN

SPECIAL FÊTES DES PERES

A PARTIR DE 10h 

DE LA MUSIQUE, DES ANIMATIONS, ATELIERS DE FABRICATION DE FROMAGES, DES AMERICAINS MUSICIENS PARTOUT

11h BIG BAND DU CONSERVATOIRE DE BRIANÇON, 

12h GOSPEL

14h NKU FORMATION

15h30 A SMILE TO OSCAR par MARTEL TRIO

En savoir plus : http://www.jazzandcheese.fr/festival-2014-le-programme/

Energies au Col de Furfande dans le Queyras : Ailes et mollets.

Col de Furfande (alt. 2500m) Commune d’Arvieux en Queyras

 

MOLLETS

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MOLLETS

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MOLLETS

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AILES

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AILES

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Hommage à Sylvain Loyaux le 24 mars 2014 à Arvieux en Queyras

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SYLVAIN LOYAUX 35 ans

décédé dans une avalanche le 6 mars 2014

LUNDI 24 mars à 20h30

à la salle des fêtes d’Arvieux

en présence de sa compagne Bérengère

 Diaporama,

Paroles

Pot de l’amitié et de partage

Sylvain,  

Tu ne parlais pas beaucoup, moi non plus,

 mais la confiance et notre entente remplaçaient les paroles.

 Tu t’es investi à fond dans ton travail,

 Ton bureau rempli de dossiers t’attend.

 Montagnard, tu avais compris notre vallée, tu savais être à son écoute.

 

 On me dit aujourd’hui : 

« homme calme et souriant, technicien disponible et compétent »

  »interlocuteur compétent, toujours disponible, avec qui s’était établi une relation de confiance »

 « travailleur de qualité et d’une grande écoute et disponibilité ».

 J’aurais du te le dire avant, Sylvain.

 

Mais ton humanité dominait le technicien : 

« gentleman intelligent et profond » 

« Être lumineux, au sourire incomparable de bonté et de douceur, à la grande gentillesse ».

  

La montagne était ta passion. 

Sportif accompli, tu aimais tant arpenter les pentes ensoleillée des Alpes,

t’élancer dans un couloir à ski, dans le ciel du Queyras en parapente, sur les sentiers à pied ou à vélo.

  

Ta compagne, Bérengère, grande spécialiste des milieux aquatiques et inondation au Parc régional du Queyras,

te suivait volontiers car tout autant passionnée de montagne.

  

Sylvain, ton sourire laissera une trace indélébile dans nos coeurs,

 

Et quand notre immense peine sera diluée

 

nous repenserons à toi avec confiance

 

et tu nous apporteras la sérénité

 

Sylvain, notre ami, au revoir.

15 mars 2014 (Obsèques à Chamonix)

Alain Blanc

 Maire d’Arvieux

 

Rando ski à Furfande le 1er mai 2014

Il fait beau et pas très froid, même si le temps n’est pas radieux.

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2360m au pied du col de Furfande, cabane de berger communale.

Dans un mois l’herbe sortira mais le transhumant ovin arrivera seulement début août

 

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Arrivée au col du Vacivier (2611m) à droite du col de Furfande (2500m) qu’on a shunté.

 

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Le Mont Viso (3881m) au fond en Italie, vu depuis le Col du Vacivier

 

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-300m de dénivelé, le but est proche.

 

devant le chalet  ok.JPG

Notre chalet de Furfande (2300m) a bien passé l’hiver.

Température intérieure mini de l’hiver -6°C (incroyable !).

L’eau dans le bidon n’est pas gelée (l’a-t-elle été ?), on peut faire du café !

 

Casse croûte CC

Le réconfort !

 

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Remontée au col de Furfande, au revoir les chalets, à bientôt (à pied par les Escoyères ?)

 

Mouflons à 1800m C

13h : Les mouflons préfèrent l’herbe verte de Champ La Maison (1700m) à côté de notre chemin.

Arvieu dans l’Aveyron

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Anecdote : Septembre 2012, après avoir fait les photos, j’arrive devant la mairie d’Arvieu ou se trouve un groupe de 5 personnes.

- Bonjour, je suis le maire d’Arvieux.

Regards étonnés, coups d’œil interrogatifs aux voisins…

- Si, si je suis bien le maire d’Arvieux.

- Ah bon, on ne savait pas qu’on avait changé de maire en cours de mandat.

- Non, non, je suis maire d’Arvieux depuis les élections de 2008.

Nouveaux échanges de regards, le scepticisme gagne du terrain…

- Je ne vous ment pas, je n’ai pas bu, c’est vrai…D’ailleurs ma femme peut vous le confirmer, je suis bien maire d’Arvieux depuis 2008.

- Dommage que la mairie soit fermée, on serait allé voir çà avec vous, c’est quand même bizarre…

Alors je leur révèle « le petit détail du x », tout le monde éclate de rire, rassuré aussi en quelque sorte.

 

 

Arvieux en Queyras : Le 23 mars 2014 liste ouverte avec Alain Blanc

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Julie s’adresse aux électeurs d’Arvieux en Queyras pour le second tour

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Pour info : Julie élue par 126 voix  contre 118 à son concurrent de la liste adverse qui avait fait 139 voix au premier tour (majorité à 142).

Queyras : L’agriculture moderne s’est bâtie dans les années 50

Paul Veyret et Germaine Veyret

La journée de démonstration des techniques modernes de l’agriculture de montagne 

(Arvieux, 16 mai 1954)

In: Revue de géographie alpine. 1954, Tome 42 N°3. pp. 571-576.

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rga_0035-1121_1954_num_42_3_1147

 

La paisible vallée d’Arvieux qui vit repliée sur elle-même pendant la fermeture du Col d’Izoard, a été envahie, le 16 mai 1954, par une foule de visiteurs, que l’on a évalué à 2500 personnes, soit plus que la population du Queyras (2278 habitants).

Elle servait de terrain principal aux journées de démonstration des techniques modernes de l’agriculture de montagne, journée organisée par M. Deperraz, Ingénieur en chef, Directeur des Services agricoles, M. Morin, Ingénieur en chef du /Génie rural et M. Meissimily maire d’Arvieux.

Pour comprendre le choix de la région et la portée de la démonstration, il est utile de rappeler les antécédents immédiats.

Les antécédents.

La première initiative en faveur de la rénovation de l’agriculture montagnarde est à porter au compte du Plan de Modernisation et d’Equipement (Plan Monnet). Sa sous-section « Vie rurale en Montagne » provoqua la rédaction de nombreux rapports, en particulier d’un sur le Queyras i, la plus haute vallée habitée des Alpes occidentales, celle dont la modernisation serait par conséquent la plus probante. Ses travaux aboutirent très vite à la conclusion qu’il fallait s’inspirer, en France, des régions alpestres les plus évoluées, en particulier de la Suisse montagnarde; une enquête y fut conduite en 1948 pour rechercher les causes de son avance.

L’idée fondamentale, à savoir que l’agriculture montagnarde pouvait par des progrès techniques s’adapter aux conditions modernes de la productivité, à condition d’être aidée au départ, cette idée s’imposa rapidement et rendit légitimes les tentatives de modernisation.

Dans le Queyras même, la première réalisation fut la création en 1951, grâce à M. Deperraz, du C.E.T.A.L.P.E., c’est-à-dire du Centre d’études techniques agricoles des Alpes, première application aux Alpes de la formule des C.E.T.A. Un C.E.T.A. est constitué par un groupe d’agriculteurs actifs, désireux d’améliorer leur vie, qui collaborent étroitement avec les techniciens de l’agriculture, ingénieurs de la Direction des Services agricoles et du Génie rural, vétérinaires.

Des réunions mensuelles rapprochent praticiens et techniciens; les premiers apportent la connaissance du milieu, les seconds les résultats de la recherche scientifique et technique. Les premiers exposent leurs difficultés, les seconds trouvent les solutions particulières les plus appropriées.

Dès 1951, le C.E.T.A.L.P.E. accomplissait un voyage d’études en Suisse, notamment à travers les Grisons et le Valais, où la sécheresse sévit comme en Queyras.

Un pas considérable fut franchi lorsque, dans le cadre des applications du Plan, le Queyras devint en juillet 1952 une zone témoin, gérée par un Groupement de productivité. Ce statut lui procura de l’argent, sous forme de subventions et surtout de prêts à taux réduit.

Des crédits permirent de poursuivre les enquêtes à l’étranger, en 1952 dans les Alpes autrichiennes, en 1953 dans la vallée d’Aoste.

Les dirigeants ont en effet pensé qu’une documentation aussi large que possible était une condition fondamentale de succès, en même temps qu’elle prouvait aux agriculteurs effectuant les voyages, et par leur témoignage à toute la vallée, que l’agriculture moderne de montagne n’était pas seulement un rêve de techniciens, mais une solide réalité et que ce que d’autres paysans avaient réalisé, ils pouvaient eux aussi l’accomplir.

Ainsi a été développé, dans le Queyras, un climat favorable aux nouveautés, en même temps que ces nouveautés, grâce aux enseignements de l’étranger et aux aménagements des techniciens départementaux, s’adaptaient le mieux possible à ses besoins et à ses moyens.

La journée du 16 mai avait pour but de diffuser l’expérience queyrassine en la présentant à un large public d’agriculteurs, de techniciens et d’administrateurs.

Les démonstrations du 16 mai 1954.

 

Le C.E.T.A.L.P.E. ayant été fondé à Arvieux, sous la présidence du maire Laurent MEISSIMILLY, il était naturel que cette commune devînt le principal théâtre de la démonstration, le matin à la Chalp, l’après-midi au Coin.

L’organisation, fort bien faite, a voulu procurer à ceux qui prenaient la peine de se déplacer, et souvent de fort loin, le maximum d’enseignements.

C’est pourquoi elle a combiné les démonstrations proprement dites avec des expositions (meubles et jouets du Queyras), des présentations (de bétail, d’engrais, de semences) et des conférences en plein air

(lutte contre les criquets, amélioration des alpages, défense contre les maladies du bétail, coopératives). La plupart des démonstrations, expositions et présentations étaient presque permanentes, de sorte que les visiteurs avaient tout le loisir d’observer et de se documenter auprès des démonstrateurs ou des exposants; d’abondantes brochures étaient à leur disposition.

Il s’est donc agi d’une journée d’information, très dense, sur tous les problèmes agricoles de la montagne, avec accent spécial sur la présentation de matériel motorisé, sur la démonstration du purinage par aspersion, sur la construction de téléphériques, sur le labour par treuil, sur l’ensilage.

L’exposition de divers modèles de moto-faucheuses a particulièrement intéressé les montagnards. On connaît le succès extraordinaire de cet engin, capable de travailler sur des pentes très raides (70 %), très maniable et d’un excellent rendement. A la demande des techniciens agricoles, les constructeurs ont mis au point des modèles polyvalents, c’est-à-dire aptes à plusieurs travaux : la fauche (des céréales aussi bien que de l’herbe), le fanage, le ratelage, le transport, le labour normal ou par treuil, le sarclage, l’arrachage des pommes de terre. Le moteur de 8 chevaux d’une telle moto-faucheuse, qui consomme de 1.5 à 2 litres de carburant à l’heure, devient le moteur universel d’un motoculteur parfaitement adapté aux petites exploitations.

La démonstration du purinage par aspersion constituait la principale attraction. Il s’agit d’un très grand progrès dans la fertilisation et dans l’arrosage, deux conditions fondamentales du niveau et de la

régularité des rendements. Le purinage consiste à remplacer l’épandage du fumier par celui d’un mélange liquide, fait de purin et de fumier dilué dans l’eau. L’éloge de cette pratique, généralisée en Suisse et en

Autriche n’est plus à faire car ses effets sont extraordinaires, en particulier sur les prairies. Mais l’aspersion accroît considérablement son efficacité car la pluie artificielle que l’on produit distribue infiniment mieux le fertilisant qu’un système de rigoles.

L’installation se compose d’une fosse avec cuve de mélange où se fait la mixture de fumier, de purin et d’eau, selon les proportions voulues; d’un moteur actionnant un malaxeur et une pompe; de tuyaux, volants, formés

d’éléments métalliques légers, facilement assemblés; d’un jet spécial que l’on appelle canon hydraulique, d’où jaillit une énorme gerbe de gouttelettes et qui tourne lentement, arrosant régulièrement le vaste cercle dont il occupe le centre. La puissance du moteur varie de 4 à 15 chevaux. Avec une pression suffisante, on arrose des parcelles situées à* une hauteur de 40 à 60 m. au-dessus de la fosse, possibilité dont on devine l’intérêt en montagne. Un système italien de la vallée d’Aoste se passe même de moteur, la pression étant fournie par la pesanteur, grâce au captage de l’eau à une certaine hauteur sur le versant, au moyen de tuyaux formant conduite sous pression; l’interposition sur le circuit d’un appareil transformant le fumier en bouillie liquide permet de puriner aussi aisément qu’au départ d’une fosse, le fumier étant seulement transporté au bas de la pente où aboutit l’eau sous pression. La dimension du jet produit par l’installation expérimentale d’Arvieux démontrait la puissance du système, économique entre tous puisqu’il ne consomme pas d’énergie. Un hectare de prairie ainsi régulièrement puriné par aspersion peut fournir quatre coupes annuelles et nourrir quatre vaches.

Le téléphérique de construction simple et peu coûteuse fournit souvent la solution idéale de problèmes de transport qui, autrement, sont extrêmement ardus, voire insolubles. Les Autrichiens en font grand usage, de façon individuelle ou collective selon le cas : transport du fourrage, du lait, du fumier, du bois, etc. Il est particulièrement intéressant dans leurs régions d’habitat dispersé, où la construction, l’entretien et le déneigement des routes- coûteraient beaucoup trop cher.

Il n’est pas rare d’y rencontrer des fermes équipées de deux téléphériques, l’un vers la vallée et l’autre vers l’alpage. On imagine aussi l’économie de temps, de fatigue et d’argent par rapport aux transports à dos d’homme ou à dos de bête.

La journée d’Arvieux nous a fait constater le fonctionnement extrêmement aisé d’un système mis au point par M. Morin, d’après modèles autrichiens; elle comportait d’autre part l’inauguration d’un téléphérique collectif moins parfait, mais entièrement équipé avec des moyens de fortune, donc meilleur marché encore.

Pour la démonstration du labour par treuil, les organisateurs avaient choisi au-dessus du hameau du Coin un champ d’une déclivité surprenante. Les appareils essayés se jouèrent de la difficulté, même une charrue

à siège sur laquelle était assis un conducteur de poids plus que raisonnable. On devine l’avantage de ce labour de bas en haut, qui lutte contre la descente des terres et rend, inutile leur remontée à dos de mulet ou d’homme. Nous avons constaté que les caisses rangées depuis plusieurs mois au bas d’un champ de très forte déclivité, labouré au treuil, n’avaient reçu d’amont aucune parcelle de terre : il semble que ce mode de labour, immédiatement suivi de hersage, soit particulièrement hostile à la formation des rigoles de ruissellement et d’érosion.

L’ensilage d’une partie de la nourriture des animaux — herbe, luzerne, maïs, fourrage, betteraves, vesces, pois — est aussi une., pratique dont les avantages ne sont plus à démontrer car elle augmente singulièrement la production du lait. Elle est à proscrire seulement pour le lait destiné à la fabrication de fromages cuits, tels que Gruyère, Emmental; dans tous les autres cas, le lait ne présente pas le moindre inconvénient. Les avantages de l’ensilage sont variés : conservation aisée de récoltes difficiles à sécher, comme les coupes d’arrière-saison; possibilité de faire des coupes précoces, avant maturation, au moment où l’herbe est de beaucoup la plus nourrissante et de les multiplier; suppression des pertes, de feuilles surtout, qu’entraîne la manipulation des fourrages secs (très important pour la luzerne).

 Le bétail dispose donc l’hiver d’une nourriture de meilleure qualité que le foin sec.

Or la construction de silos-cuves se fait de façon très économique : M. Morin a mis au point des moules métalliques, qui sont prêtés aux cultivateurs; ceux-ci coulent eux-mêmes le béton armé entre les deux parois du moule, économisant le recours aux gens de métier. Nous avons pu voir à Saint-Véran deux de ces silos, qui sont probablement les plus élevés de toutes les Alpes.

Outre ces démonstrations principales, la Journée d’Arvieux a encore prodigué aux agriculteurs, sous une forme concrète, des enseignements variés et fort utiles : sur la lutte contre les diverses maladies du bétail, sur l’agriculture et l’aviculture, sur les clôtures électriques, sur la sélection animale et végétale (présentation de maïs hybrides), sur l’installation et l’assainissement des étables. Une maison de la Chalp proposait, à l’admiration des montagnardes, une installation de gaz propane alimentant cuisinière, chauffe-eau sur l’évier, douche.

Les visiteurs ont donc pu, dans un cadre restreint et en l’espace de quelques heures, être mis au courant de la plupart des techniques dont l’agriculture de montagne a besoin pour survivre.

Or, nous l’avons dit, ils sont venus en grand nombre et il s’agissait avant tout de paysans du département et des départements voisins, c’est-à-dire des intéressés.

L’atmosphère était aussi loin que possible de la manifestation officielle, organisée pour des personnalités que l’on veut éblouir; les personnalités étaient présentes, et leur présence soulignait l’importance de la journée,

mais il s’agissait avant tout de renseigner les cultivateurs de montagne.

Il était facile de constater avec quel intérêt ils suivaient les démonstrations et les explications; durant les essais de labour au treuil, le champ était entièrement occupé par une marée humaine au milieu de laquelle les charrues disparaissaient…

Il nous semble donc que la Journée d’Arvieux a été un grand succès sur le plan technique et sur le plan humain. Il n’est pas nécessaire d’être soi-même un technicien pour comprendre les avantages évidents

des appareils essayés, ou pour constater qu’ils ont été adaptés aux possibilités restreintes d’exploitations petites, morcelées, ayant peu de moyens financiers. Et il suffisait de n’être ni sourd, ni aveugle pour s’apercevoir que les montagnards réagissaient de la façon la plus encourageante, la plus réceptive. On peut être assuré que, grâce aux organisateurs et aux paysans du Queyras qui déjà leur ont fait confiance, un grand pas a été fait dans la voie de la modernisation de l’agriculture montagnarde, donc de sa régénération.

Les conditions du salut.

Nous voudrions, pour terminer, mettre en lumière les enseignements qui se dégagent déjà de l’oeuvre entreprise au Queyras. Deux sont particulièrement frappants : le rôle de la technique et le rôle des hommes.

La technique peut, en montagne, accomplir presque des miracles, et cela s’explique aisément quand on compare les difficultés du milieu naturel et la faiblesse de l’homme réduit à ses seules forces. Plus le combat est dur, mieux il faut être armé. Deux ennemis surtout sont redoutables : la pesanteur, le climat. Tout ce qui facilite les transports et les travaux aratoires épargne aux hommes des fatigues excessives et accroît singulièrement le rendement de leur travail. De leur côté, l’arrosage, l’ensilage, la sélection des semences donnent la possibilité de tourner les contraintes du climat, d’obtenir de bons rendements, d’assurer au bétail une nourriture d’hiver suffisante en quantité et en qualité. Sans le secours de toutes ces techniques, il serait dérisoire de vouloir maintenir à la montagne des populations de cultivateurs.

Car problème technique et problème humain sont aujourd’hui liés de façon serrée, et d’ailleurs complexe. En Suisse et en Autriche, c’est la forte population de la montagne qui a contraint à innover en matière de technique pour accroître les rendements et la productivité.

En France, dans des montagnes fortement dépeuplées, les techniques modernes ne sont pas moins indispensables pour donner confiance à ceux qui restent, pour suppléer au manque de bras par la machine. Chez nos voisins, il s’agit de tirer de toute la montagne la production la plus élevée possible; chez nous, où la pression démographique est moindre, on peut laisser retourner à la forêt les parties les plus ingrates, mais il

faut que sur celles qui seront maintenues en exploitation, celle-ci possède la plus grande efficacité possible.

Dans un cas comme dans l’autre, il faut que le travail des hommes soit payé par des résultats suffisants, qu’il soit productif, donc qu’il dispose des moyens techniques nécessaires. C’est pour l’agriculture montagnarde une question de vie ou de mort.

La Journée du 16 mai montre que cette nécessité est maintenant bien comprise et il faut louer ceux dont les efforts en ont fait un succès : d’une part, à Gap, un noyau de techniciens qui ne se sont pas cantonnés dans la pratique stérile de l’administration routinière, qui sont allés au réel et qui ont trouvé les mesures nécessaires pour le maîtriser; d’autre part, dans le Queyras et surtout à Arvieux, un groupe de montagnards d’esprit ouvert, qui ont pris conscience de leur retard et qui ont décidé de le combler. L’association des uns et des autres représente la formule de progrès la plus efficace, celle qui est largement en honneur dans tous les pays d’agriculture évoluée.

Paul et Germaine Veyret.

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